Le chef économiste de Coface livre ses prévisions aux membres du MEB

14/02/2024

Jeudi 8 février, le Monaco Economic Board, en collaboration avec Gramaglia Assurances et la Banque Populaire Méditerranée, accueillait Jean-Christophe Caffet, le Chef-économiste de Coface(1), à l’occasion d’un petit-déjeuner conférence. Un exposé passionnant qui a fourni aux entrepreneurs présents une visibilité sur les tendances économiques à venir.

En introduction, le Président du MEB Michel Dotta a rappelé que cette conférence donnée par le Chef économiste de Coface, peu après le célèbre Colloque Risque Pays Coface qui se tient chaque année à Paris, en était à sa 17e édition, grâce à la fidélité des sponsors del’évènement, la banque BP MED et le groupe Gramaglia.

Devant les plus de 80 entrepreneurs et officiels présents, Jean-Christophe Caffet a ensuite analysé durant plus d’une heure la situation macroéconomique mondiale et exposé ses différents scénarios pour 2024 mais également les tendances de fond pour les cinq à dix années à venir.

Revenant d’abord sur l’année 2023, le Chef économiste a expliqué le ralentissement de l’inflation principalement par la baisse des matières premières : choc énergétique en partie résorbé, bonnes récoltes agricoles (à l’exception notable du riz) ou encore reprise décevante en Chine. “Un phénomène essentiellement mécanique donc, les banques centrales ne sont en rien responsables de ce phénomène contrairement à ce que l’on entend beaucoup (...) on leur prête bien trop de pouvoir !” L’année s’est terminée sur une croissance mondiale de 2,6%, soit un demi point de plus qu'attendu. Les causes ? Essentiellement l'interventionnisme des États (mesures liées au Covid et boucliers anti-inflation) et la résilience permise par les excès d'épargne des ménages, et de trésorerie des entreprises, “ce qui a permis d’absorber le choc de la crise ukrainienne”.

Concernant le court-terme, le titre de la présentation de M. Caffet, D’un risque à l’autre, était révélateur de la situation actuelle. “On est en effet passé d’un risque essentiellement énergétique l’an dernier à un risque qui est aujourd’hui principalement financier”. Et d’ajouter, “c’est paradoxalement plus rassurant car c’est quelque chose que l’on connait mieux”. 

Malgré un resserrement des taux, il n’est pas prévu de retrouver les conditions pre-covid. “On est revenu à des taux de l’ordre de l’avant crise de 2008, mais avec des niveaux d’endettement public et privé qui ont considérablement augmenté.” Conséquence : les conditions de financement resteront compliquées pour nombre d'entreprises qui connaissent de plus en plus de défaillances.

Pour 2024, la croissance mondiale devrait être de l’ordre de 2,2%, essentiellement due aux pays émergents, l’Europe poursuivant sur son rythme “mou” et les Etats-Unis, qui avaient surperformé, devraient ralentir (de 2,4% en 2023 à 1,2% en 2024).

Malgré cela, Coface a relevé sa notation Risque Pays de 12 pays dont 6 en Europe. Sur son autre classement qui s’intéresse aux secteurs d’activités au niveau mondial, Coface a relevé la note de dix-sept secteurs et en a abaissé cinq, traduction d’un optimisme prudent qui fait suite aux chocs des crises récentes.

Enfin pour le plus long terme, Jean-Christophe Caffet voit dans la situation actuelle et à venir la fin d’un cycle de croissance forte et de faible inflation. Plusieurs défis de taille se présentent, à commencer par la transition énergétique “qui va coûter très cher dans un environnement de taux plus élevé”. Autre tendance, la modification des délocalisations des unités de production vers des pays “amis”, le “friendshoring”, ou la duplication des unités pour diminuer les risques (politique de Chine + 1 qui ajoute un autre pays à la Chine en cas de problème). Enfin le vieillissement des populations, en particulier dans les pays développés, qui pèsera sur les finances. 

Pour résumer, “on va passer d’un monde globalisé à croissance forte avec une énergie bon marché et de l’argent facilement accessible à un monde plus volatile et qui se fragmente, avec une croissance qui, bien que plus faible, sera toujours présente.”

A l'issue de son exposé, Jean-Christophe Caffet a répondu aux questions des entrepreneurs présents qui portaient notamment sur la situation de pays en particulier, notamment les prochaines destinations des futures missions économiques du MEB : le Maroc, le Royaume Uni et la Pologne. Des pays où les opportunités sont bien présentes.

Jean-Christophe Caffet entourés des dirigeants du MEB et des partenaires de l’évènement, de g à d, Justin Highman, Directeur Général Adjoint du MEB ; Michel Dotta, Président du MEB, Jean-Christophe Caffet, Chef économiste de Coface ; Laeticia Nahum, Responsable Risques Financiers de Gramaglia Assurances ; Michel Gramaglia, Directeur et Propriétaire du groupe Gramaglia ; Guillaume Rose, Directeur Général Exécutif du MEB ; Philippe Verdier, Fondé de pouvoir de Gramaglia Assurances ; Régis Etienne, Directeur Régional de Banque Populaire Méditerranée.