De la géopolitique mondiale aux marchés financiers, Jean-Pierre Petit livre son analyse choc à Monaco

14/09/2026

Vendredi 11 septembre 2026, l'Hôtel Hermitage Monte-Carlo a accueilli la grande conférence économique de la rentrée organisée par le Monaco Economic Board (MEB), en partenariat avec Jutheau Husson, société de conseil et de courtage en assurances. Pour la 9e année consécutive, Jean-Pierre Petit, Président des Cahiers Verts de l'Économie, a décrypté les grands enjeux géopolitiques, macroéconomiques et financiers mondiaux devant un parterre de décideurs monégasques.

 

Orateur hors pair, parfois un brin provocateur et qui aime faire réagir son public, Jean-Pierre Petit n'a pas dérogé à sa réputation en brossant un tableau sans concession de notre époque.

L'économiste a ouvert son propos en soulignant le retour en force de la conflictualité dans le monde, rappelant que les guerres de longue durée ne sont pas nouvelles (le conflit entre la Grèce antique et la Perse, la guerre de Cent Ans…), et que les conflits hybrides auxquels on assiste de plus en plus s'installent eux aussi durablement. 

Il a mis par ailleurs en exergue l'auto-paralysie des démocraties traditionnelles face à la montée de modèles autoritaires, qui tirent profit de leurs ressources stratégiques et de leur rapidité de décision.

Avec son franc-parler habituel, Jean-Pierre Petit a dressé un bilan alarmant de la situation française. Pointant une dette publique qui devrait continuer à augmenter pour atteindre 130% du PIB vers 2030, il a dénoncé un décrochage économique profond. L'économiste est allé jusqu'à évoquer la menace d'un "scénario argentin" pour l'Hexagone, lié à un déclassement structurel, un manque d'efficience administrative et l'incapacité politique à réduire les dépenses publiques.

Sur le plan macroéconomique mondial, le constat s'est voulu plus nuancé. L'économie globale affiche une dynamique plutôt favorable, tirée notamment par la productivité et la rentabilité des entreprises aux États-Unis. Concernant les élections de mi-mandat américaines (Mid-terms), il a rappelé que, statistiquement, ces échéances et les phases de "cohabitation" politique qui en découlent généralement sont historiquement plutôt favorables aux marchés boursiers, bien qu'elles puissent engendrer de la volatilité.

Dans la dernière partie de son intervention, le Président des Cahiers Verts de l'Économie s’est fait plus technique, en s'intéressant à l’évolution des taux d’intérêt et aux marchés financiers, dans un contexte marqué notamment par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

Les taux longs restent élevés, avec une remontée particulièrement sensible des taux réels américains. Pour autant, l’économiste ne voit pas nécessairement dans cette évolution le prélude à une forte chute des marchés d’actions. 

Jean-Pierre Petit estime cependant que les valorisations boursières restent élevées et que le marché présente certains signes de « bulle », sans toutefois être arrivé à un sommet de la bulle. Il appelle notamment à la vigilance sur les valeurs technologiques et les anticipations liées à l’intelligence artificielle. La situation actuelle diffère cependant de la bulle internet des années 1990, notamment parce que le marché reste jusqu’à présent rationnel et fait le tri en récompensant uniquement les entreprises capables de monétiser concrètement leurs investissements dans l'IA.

En guise de conclusion, Jean-Pierre Petit a préconisé une stratégie d'investissement "neutre" à horizon 6 mois, tant sur les actions que sur les obligations. Il conseille toutefois quelques choix ciblés : par exemple, de s'intéresser aux petites capitalisations boursières européennes (Small caps), et de conserver des positions sur l'or et le cuivre.

Une intervention une nouvelle fois brillante et stimulante, confirmant le rôle essentiel du MEB et de ses partenaires dans l'apport de clés de lecture stratégiques destinées aux acteurs économiques de la Principauté.

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Contact presse : Benoît Ulrich / Delphine Quilichini – presse@meb.mc

Crédits photos : Sébastien Darrasse / MEB