ReOcean Fund : 100 millions d’euros dans l’économie bleue
Créé en 2023 par la Fondation Prince Albert II, le ReOcean Fund veut investir 100 millions d’euros dans l’économie bleue. Son portefeuille compte NatureMetrics, leader mondial des données de la biodiversité.
Le projet est ambitieux. Lancé officiellement en 2023 par la Fondation Albert II de Monaco et Monaco Asset Management, le ReOcean Fund a l’ambition « d'investir 100 millions d'euros pour catalyser la prochaine génération d'innovations océaniques afin de soutenir la transition vers une économie nette zéro, régénératrice et plus équitable ». Pour faire de l'océan une classe d'actifs investissable, ce fonds s’est fixé pour mission d’accompagner la croissance des entreprises innovantes et à fort impact (de série A&B) dans cinq secteurs qui libèrent collectivement le potentiel régénérateur des océans : solutions à la pollution plastique, alimentation bleue saine, régénératrice et équitable, navigation verte et yachting, restauration et protection, données sur les océans.
NatureMetrics, premier investissement
En janvier 2025, NatureMetrics est devenue la première entreprise à entrer dans le portefeuille d’investissement du ReOcean Fund. La société britannique a reçu le Prix pour la Santé Planétaire 2024 de la Fondation Prince Albert II de Monaco pour sa technologie innovante qui « favorise la création de valeur tout en établissant une nouvelle référence pour l’intégration de la santé de l'Océan dans les décisions commerciales », note Olivier Wenden, Vice-Président et Directeur Général de la Fondation. Grâce à ses laboratoires au Royaume-Uni et au Canada et à son partenaire stratégique en Indonésie, sa plateforme innovante, alimentée par l'ADN environnemental et des algorithmes d'analyse sophistiqués, fournit aux entreprises et aux associations de protection de l'environnement, une vision sans précédent de la biodiversité à l'échelle locale.
« NatureMetrics est en train de redéfinir le futur de l'intelligence naturelle », a vendu son Directeur Général Dimple Patel devant un panel d’investisseurs présents au BEFF. « Notre mission, c'est de faire de la nature un asset investissable et de rendre la biodiversité mesurable en utilisant des données de haute intégrité, de la même manière que vous utilisez des données d'entreprise, telles que l'EBITDA et le revenu, pour pousser plus de financement vers des solutions basées sur la nature. Nous avons analysé plus de 50 000 exemples depuis plus de huit ans et avons des millions de données générées dans plus de 110 pays, à travers plusieurs écosystèmes et habitats qui nous aident à comprendre ce qui se passe et à prendre des décisions éclairées. Notre plateforme permettra de démocratiser l'accès à ces données et d’aider les entreprises, les organisations et les gouvernements dans une gestion optimale des risques et un suivi précis des initiatives de protection de la nature dans le temps », indique le Fondateur de NatureMetrics, qui compte déjà 600 clients, allant de WWF à Shell… A la fin 2024, la société a levé 25 millions d'euros. Cette opération, menée par le fonds Just Climate, réunit de nouveaux investisseurs - EDF Pulse Ventures et Monaco ReOcean Fund – avec une mise de 5 millions d’euros - aux côtés des partenaires historiques tels BNP Paribas.
« Nous la suivions déjà depuis trois ans. C'est une entreprise qui augmente de 50 % par an. Nous pensons que c'est déjà le leader mondial pour les données de biodiversité », souffle Anthony Torriani, Directeur Général de Monaco Asset Management et gestionnaire du fonds.
19 investisseurs dont l’Etat monégasque
Actuellement à plus de la moitié de son objectif de 100 M€, ReOcean continuera, en 2025, à mobiliser des capitaux en faveur de la prochaine génération d'innovations océaniques. 19 investisseurs, dont le Gouvernement monégasque, ont déjà sauté le pas et d’autres investissements pourraient être annoncés dès septembre. « Le Blue Economy & Finance Forum a été très utile pour la finalisation de notre levée de capitaux. Nous avons rencontré un grand nombre d’investisseurs exceptionnels et beaucoup de sociétés dans lesquelles nous pourrions investir », juge le financier.
Par Milena Radoman - Monaco Economie
