SMEG : l’orchestre d’un laboratoire vertueux de la transition énergétique en Principauté

01/01/2000

La Principauté fait figure de modèle en matière d’innovation énergétique grâce au concours significatif de la SMEG, qui fait partie des très rares entreprises au monde à couvrir l’ensemble des métiers de la chaîne de valeur énergétique.

En effet, l’expertise de l’opérateur de la Principauté, qui a doublé de taille et créé 150 emplois en seulement quelques années, couvre aussi bien la distribution, la fourniture et la production d’énergies renouvelables, que l’efficacité énergétique et l’électromobilité. Ces trois dernières activités s’étendent même en dehors de Monaco, et l’ensemble est complété par les services à l’environnement avec la SMA. C’est Thomas Battaglione, Administrateur-Directeur Général de la SMEG, discret et efficace, qui pilote depuis dix ans cette société engagée, à l’origine de nombreux projets innovants portés par des synergies locales et internationales, des technologies maîtrisées et une vision durable.

Focus sur l’énergie de la mer
Sous les projecteurs lors de la récente visite présidentielle à Monaco, une réalité plus technique mérite d’être mise en lumière : celle d’un modèle énergétique local unique, pensé et déployé avec une rigueur d’ingénierie rarement égalée. « À Monaco, 31 % des émissions de gaz à effet de serre sont dues au chauffage des bâtiments. Pour inverser cette tendance, la Principauté a investi dans des réseaux urbains reposant sur deux modèles : un système centralisé, qui a accompagné l’urbanisation de Fontvieille, adossé à la valorisation des déchets et à la thalassothermie, et des boucles décentralisées de nouvelle génération alimentées uniquement par l’énergie de la mer », explique Thomas Battaglione.

Fontvieille, pionnier de l’écoquartier
Le réseau de Fontvieille, mis en service il y a 40 ans, a été conçu comme un projet intégré, à l’échelle d’un quartier. Il repose sur la valorisation de la chaleur fatale issue de l’incinération des déchets, couplée à l’utilisation de la thalassothermie. Résultat : ce système alimente en chaud et en froid près de 2 000 logements et des dizaines de bâtiments tertiaires, sans recourir aux énergies fossiles. Une prouesse née d’une volonté politique forte et d’un partenariat historique entre le Gouvernement princier et la SMEG.

La cinquième génération énergétique : un modèle décentralisé
Plus récemment, dans des quartiers comme le Larvotto ou la Condamine, le défi a été tout autre. Il s’agissait d’implanter des réseaux énergétiques dans un tissu urbain dense et existant. Impossible ici d’installer une centrale. La solution : des boucles thalassothermiques décentralisées. « Concrètement, confie Astrid Siohan, Directrice Chaud et Froid Urbains à la SMEG, il s’agit de puiser l’eau de mer à 80 mètres de profondeur, à une température stable, pour alimenter une boucle d’eau tempérée. Celle-ci dessert plusieurs bâtiments dans lesquels sont installées des pompes à chaleur adaptées à chaque configuration. L’échange thermique se fait sans que l’eau de mer ne circule dans les bâtiments, mais par l’intermédiaire d’échangeurs à haut rendement. » Cette approche sur mesure, bâtiment par bâtiment, permet d’intégrer la transition énergétique dans des contextes contraints. C’est un modèle d’adaptabilité que beaucoup de villes européennes observent de très près.
Le réseau SeaWergie, porté par une concession dédiée détenue par la SMEG, l’État, Soget et MES, couvre 34 % du territoire de la Principauté via ses boucles thermiques. En ajoutant Fontvieille, opéré directement par la SMEG, plus de 54 % du territoire peut accéder à cette technologie. En tout, l’ensemble de ces infrastructures permet de desservir l’équivalent de 8 000 logements, et les perspectives sont encore nombreuses.
L’excellence du modèle attire désormais des délégations venues de Lisbonne, Paris, Berlin ou encore du Moyen-Orient, curieuses de comprendre comment un pays aussi dense et exigu a su transformer ses contraintes en solutions pionnières. « C’est la combinaison d’une ressource renouvelable — la mer Méditerranée —, d’un pompage profond et d’une électricité très faiblement carbonée qui permet d’obtenir l’un des réseaux les plus vertueux du monde », ajoute Thomas Battaglione.

Un modèle à suivre
Alors que Monaco vise une baisse de 55 % de ses émissions de CO₂ d’ici à 2030 (par rapport à 1990), les réseaux de chaleur et de froid fondés sur la thalassothermie apparaissent comme un levier majeur. Ce modèle, pensé sur le long terme et adapté aux spécificités locales, est le fruit d’une stratégie claire, d’un portage technique maîtrisé et d’un appui politique fort du Gouvernement princier.
Grâce notamment au travail des équipes de la SMEG et de ses partenaires, Monaco a pu démontrer, lors de la récente visite d’État, que la vitrine écologique qu’il expose repose sur des actions concrètes, effectives et d’avant-garde dans la transition énergétique.

 

Par Kevin Racle - Monaco Economie

@Palais Princier de Monaco